Quid de la responsabilité individuelle ?

interrogation1La période que nous traversons actuellement a pour effet de mettre en exergue un certain nombre de comportements et révèle des traits culturels forts. Inversement, les difficultés liées à la crise font disparaître radicalement la notion de responsabilité individuelle.
Les demandes d’assistance de tous ordres affluent de toute part : les banques, le monde de l’industrie automobile, … jusqu’à de nombreuses personnes qui se trouvent dans une démarche d’attente vis-à-vis d’un état providence, ou de la perception d’un état providence. J’exprime une réelle inquiétude devant le faible nombre de personnes qui se placent a contrario dans une démarche de développement personnel pour mettre un terme à leurs difficultés et agir contrairement pour maîtriser au mieux leur avenir.
Je ne remets pas en cause l’existence des nombreux dispositifs existant, en revanche, la culture d’assistanat ne me rend pas optimiste pour l’avenir.
Les dispositifs mis en place par les pouvoirs publics permettent aux personnes en difficulté d’être accompagnées et je crois fermement qu’il faut les renforcer, particulièrement dans le cas d’une période de crise comme celle que nous traversons actuellement. Il faut simplement faire en sorte de rendre les bénéficiaires des aides acteurs de leur futur. Il faut les mettre face à la condition sine qua non de leur liberté ; à savoir leur responsabilité individuelle.
L’accompagnement vers la réussite est plus que jamais nécessaire, et la réussite se traduit aujourd’hui de multiples manières : trouver ou retrouver un emploi, un logement, une compétence, répondre à des difficultés familiales, faire face aux conséquences d’une maladie ou d’un accident, … Dans tous les cas, rendre les bénéficiaires acteurs de leur « sortie de crise » est à mon sens une garantie d’optimiser les dispositifs existants.
Il faut bien évidemment tenir compte du matraquage médiatique et des messages nauséabonds du type : « nous sommes les victimes de la mondialisation, ce sera long et difficile mais on ne peut rien faire contre… ». En effet, la contribution à la responsabilisation des gens est battue en brèche par la dimension pessimiste et « déterministe » du message. Il faut que les messages médiatiques soient lucides et responsabilisant. Prenons par exemple le développement durable : le message
relayé est responsabilisant : par des gestes individuels quotidiens, on peut participer au mieux-être global. Il faut bien avouer que ce type de message appelant à la prise de conscience individuelle est pour me rassurer. De la même manière, je suis intimement convaincu que chacun d’entre nous, à son niveau et dans la mesure des possibilités liées à son contexte individuel, peut devenir un contributeur actif d’une sortie de crise collective.
Les français sont de plus en plus régulièrement pris dans un étrange paradoxe : ils attendent énormément de la puissance publique (voir les manifestations accompagnées de la sempiternelle demande de moyens… ) et n’ont de cesse de fustiger son inefficacité ! Cherchez l’erreur !
Prenons un exemple hors du contexte de crise et pourtant absolument dramatique : des supporters quittent le Stade de France après un match de football, et délibérément, au risque de leur vie, empruntent à pied une voie ferrée alors que le flux des supporters suit un parcours balisé et sécurisé. Deux d’entre eux y laisseront la vie… le drame humain est épouvantable. Au-delà de toute émotion, quelle est la légitimité d’intenter une action en justice dans un cas comme celui-ci ? Quand bien même le portail d’accès n’était pas fermé correctement ou vandalisé ? Ceci enlève-t-il à celui ou ceux qui ont décidé d’emprunter cet itinéraire la responsabilité de leur choix ? Je ne le crois pas.
La responsabilité implique d’assumer les conséquences de ses actes. Le code pénal prévoit d’ailleurs qu’une personne réputée irresponsable n’a pas à répondre de ses actes devant un tribunal. De plus, une personne irresponsable ne peut pas s’assumer dans le cadre de la vie en société et fait l’objet d’un accompagnement très fort et étroit incluant parfois des mesures d’internement et impliquant dans tous les cas l’impossibilité de disposer d’un compte bancaire, d’un permis de conduire, … de tout ce qui permet à tout un chacun d’être libre.
Revenons au cas dramatique de l’accident sur les voies ferrées. Quelle est la différence en termes de mise en cause de sa responsabilité individuelle entre le fait de franchir délibérément un portail donnant sur une voie ferrée et le fait de partir en haute montagne, seul et sans le matériel adéquat ? Aucune. Dans les deux cas, la personne met en jeu sa vie de manière délibérée et en connaissance de cause. A ceci près que l’on considère culturellement que l’alpiniste inconscient est responsable en cas d’accident (on entendra : « il l’a bien cherché ! » ou encore « c’était inévitable ! ») et que le contexte qui aura conduit à l’accident sera considéré comme une mauvaise évaluation de la situation par la victime et que personne ne poursuivra ni Météo France, ni la Compagnie des Guides locale. Et pourtant, dans les cas évoqués précédemment, la cause de l’accident est une mauvaise évaluation de la situation ; dans ces deux cas, les victimes sont directement responsables de l’ensemble d’événements qui ont conduit à l’accident.
L’explication, en première lecture, peut paraître courte, mais les exemples sont malheureusement légions. Alors je compte sur chacun d’entre vous pour être vigilant et se souvenir que la responsabilité individuelle est aussi la seule garantie de votre liberté, car être libre, c’est avant tout être responsable !

3 réflexions sur “Quid de la responsabilité individuelle ?

  1. Hello Thierry !
    Le sujet m’intéresse, alors je découvre enfin ton blog,
    à ton image, élégant.
    Je suis bien d’accord avec ce que tu démontres dans cet article, il me semble que l’on en revient toujours à la même cause -au sujet des relations humaines et du comportement de notre société- l’éducation !
    Tu drives tes enfants en les responsabilisant devant leurs petites erreurs, en les accompagnant dans la réparation de leur bêtise, en leur faisant prendre conscience de leur maladresse ponctuelle et de ses conséquences. C’est un apprentissage, qui influe sur notre façon de réagir pour la vie.. non ? !
    Fabienne

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  2. Les mots aussi se jouent de nous, à l’heure où pour la plupart les mots « responsabilité individuelle » ont pris le sens de culpabilité, et les mots « responsabilité collective » celui d’irresponsabilité individuelle, aucun mot ne semble venir combler le sens noble de « Nécessité pour quelqu’un de répondre de ses intentions et de ses actes devant sa conscience. » Merci d’y apporter du sens et d’en souligner la parenté avec le mot LIBERTÉ.

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  3. Bravo et merci pour cet article !
    Tout à fait d’accord.
    Comptez sur moi, je resterai une femme libre et complètement responsable…

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