Arrêt du chantier de la Région : une anticipation de la réforme des collectivités territoriales !

Et voilà, le chantier du siège de la Région Rhône-Alpes est arrêté. Notez bien que je vous en parlais déjà dans un précédent billet daté du 16 juin dernier. Mais l’ironie de la situation fait que ce n’est pas le Tribunal qui en a demandé l’arrêt, mais la Région elle-même. Est-ce donc à ce point explosif que le maître d’ouvrage souhaite arrêter de lui-même sans laisser la possibilité à la justice de s’en charger ? Le discours officiel est le suivant : « Pour tenir compte des préconisations de l’inspection du travail, (…) la Région a décidé de suspendre momentanément l’activité de son chantier »

Dans le même temps, si j’en crois Alain Marleix – que je regarde à cette heure tardive sur Public Sénat défendre le projet de loi sur la réforme des collectivités territoriales – l’arrêt du chantier de la Région est une bonne chose. En effet, il semble que les effectifs élus du Conseil Régional seront appelés à augmenter avec la création du Conseiller Territorial. Et oui, aujourd’hui, les français élisent quelques 1880 conseillers régionaux et 3963 conseillers généraux, soit 5843 élus ; or l’objectif étant de plus ou moins 3000 élus en diminuant d’un quart les effectifs des conseils généraux et donc en augmentant quelque peu le nombre de conseillers territoriaux qui siègeront aussi à la Région !

Alors peut-être que l’exemplarité de ce chantier réside dans l’incroyable anticipation par Jean-Jack Queyranne, pourtant farouchement opposé à ce projet de loi, comme tous ses amis socialistes. Et oui, il faut peut-être croire – on peut rêver… – que l’arrêt du chantier est en fait une réactualisation du nombre de siège à installer dans la salle du conseil…

Et dire que certaines mauvaises langues étaient persuadées que c’est pour des raisons de sécurité…

6 réflexions sur “Arrêt du chantier de la Région : une anticipation de la réforme des collectivités territoriales !

  1. Romain,
    Je ne fais pas de confusion, je fais de l’humour… Quoi que !
    Et pour ce qui est de la réforme, ce n’est pas du passé comme tu le dis, mais cela se passe au moment où je rédige ces lignes : après la présentation par les ministres et les différentes commissions, nous en sommes aux prises de paroles des groupes politiques, il est précisément 0h14…
    Cela ne peut pas encore mal se passer comme tu le souhaites. A ce propos, Gérard Collomb semble très absorbé par des sujets… très éloignés du sujet !!!

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  2. En ce qui concerne Rhône-Alpes, il y aurait 296 CT contre 157 CR et 54 CG soit 85 élus de plus là où on devait arriver à une diminution … et donc 139 sièges à ajouter dans l’hémicycle du Palais de Région!

    Ce matin dans « La Croix », Henri de Raincourt (ancien sénateur et actuel ministre chargé des relations avec le Parlement – il a remplacé le sémillant Roger Karoutchi) a eu cette phrase laconique : « s’il n’y a pas d’accord possible, on laissera les institution jouer leur rôle ».

    Autrement dit, peu importe les états d’âme des sénateurs, les députés auront le dernier mot …

    Après la navette parlementaire, s’il y a désaccord, une commission mixte paritaire (composée de 7 députés et 7 sénateurs) sera réunie par le PM et l’Assemblée Nationale votera le texte final.

    A part gagné du temps, les amis centristes de Michel Mercier n’obtiendront certainement pas gain de cause sur le mode de scrutin mais des aménagements sur la parité, le nombre de CT et les cumuls …

    Ce qui est fâcheux c’est que, dans l’esprit de la constitution, ce texte est avant tout de la compétence du Sénat …

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  3. Oups … Je n’ai pris en compte que les CG du Rhône en écrivant 54 … Au total les CG sont bien plus nombreux (335) et 196 cantons seraient absorbés dans les « super-cantons » des CT. Il en demeure néanmoins qu’il manque 139 sièges dans l’hémicycle du Palais de Région!

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  4. Peut-on évaluer le coût de ce retard, en RH, nouvelles études, pénalités, commentaires de Romain Blachier etc… ?

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  5. @Briavel : merci pour ces doctes informations !

    @Jérôme Manin : Il faut imaginer 400 salariés en arrêt pendant… comment dire… sine die ! Ces salariés, comme leur qualificatif l’explicite reçoivent un salaire qu’il faudra bien financer d’une manière ou d’une autre.
    Un rapide calcul sur la base du SMIC (+/- 1344€/mois) et en partant du principe faux qu’ils sont tous payés au SMIC, nous amène à un coût journalier de l’arrêt de chantier sur ce poste uniquement de 25 600€…
    Si l’arrêt se prolonge 10 jours, l’addition est donc de 256 000€… un coût pour le moins… exemplaire !

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