Chrétiens d’Irak : chronique d’un risque majeur annoncé

Les faits sont d’une brutalité inouïe : lors de l’office de 17h en la cathédrale de Bagdad, un groupe de militants islamistes d’al-quaïda fait irruption au sein de l’église ; deux prêtres ont immédiatement péri sous les balles du groupuscule de terroristes d’al-quaïda avant que le massacre ne commence. Le bilan est insoutenable : au moins 52 morts et 67 blessés. Au-delà de cet épouvantable crime, c’est l’élimination et la mise au ban des chrétien en Irak et plus généralement dans le monde arabe et musulman qui sont très inquiétantes.

Les chiffres sont sans appel : durant les 7 dernières années, le nombre de chrétiens en Irak est passé de plus de 800 000 à moins de 500 000 ! Pour beaucoup, ils ont été contraints à l’exil et pour une autre partie, ils sont victime d’un génocide, conséquence d’un fanatisme dont les dangers sont sans limite, ni de temps, ni de lieux.

Pour rappel, l‘article 2 de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée par l’assemblée générale des Nations unies, le 9 décembre 1948, affirme :

« Dans la présente Convention, le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :

a) Meurtre de membres du groupe ;
b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle »

La volonté d’al-quaïda est de faire disparaître à plus ou moins court terme la totalité des chrétiens des pays musulmans en utilisant tous les moyens à leur disposition pour arriver à leurs fins.

Dans l’Index des persécutions des chrétiens dans le monde publié par l’ONG Portes Ouvertes, l’Irak n’apparaît « qu’en » 17e position ! Il est intéressant de constater que ce « classement » présente exactement 80% de pays dont la religion principale est l’islam. Comment ne pas voir un lien ? Et comment dans le même temps ne pas tomber dans la simplicité de l’amalgame entre islam et terrorisme ?

La tendance lourde qui semble être engagée actuellement doit être une source d’inquiétudes majeures, non seulement pour les autorités religieuses dans leur ensemble (à savoir toutes les grandes religions monothéistes de la planète qui se doivent de réfléchir ensemble l’harmonisation des croyances et surtout la pacification du vivre ensemble de ces cultes) mais aussi et surtout pour les autorités politiques avec une vision plus globale, planétaire. Si l’on réfléchit aujourd’hui à une régulation globale du système financier, ne doit-on pas penser avant tout une régulation de la liberté de religion en quelque lieu, en quelque contexte du monde ? Et plus simplement même un régulation de la liberté… de vivre !

Les discours extrêmes de certains leaders fanatiques musulmans sont d’une rare gravité. Ceux qui souhaitent « conquérir le monde » sont des fous dangereux qui ne mesurent pas les conséquences de leurs propos et qui n’ont pas la moindre idée de ce que signifie le mot « liberté ». La plus terrible des conséquences probable n’est autre qu’un conflit religieux mondial qui serait un drame sans commune mesure avec ce que l’histoire nous a montré de pire à ce jour.

N’est-ce pas une privation de liberté que de condamner de facto tout humain pratiquant une religion différente de la sienne ? Les privations de liberté ne font-elles pas l’objet de sanctions prévues dans le corpus légal de la plupart des pays du monde ? Et bien non… et c’est là le problème majeur !

Qui va juger et condamner les responsables de cet ignoble massacre ? Qui va juger et condamner ceux qui persécutent les coptes ? Qui va juger et condamner les groupes somaliens qui ont fait plus de 15 morts chez les chrétiens sans compter les nombreuses exactions ? Qui va juger et condamner les auteurs du kidnapping et de la torture de 35 chrétiens en Somalie ? Et les exemples sont tristement nombreux…

Aborder ce sujet est devenu délicat et demande toute la retenue nécessaire pour ne faire aucun amalgame. Je le réaffirme ici, il n’est pas question de comparer des fanatiques et des croyants dans quelque contexte que ce soit. Je demeure un républicain acharné qui reconnaît à tout un chacun la liberté du culte, à condition que celle-ci soit encadrée par la liberté de vivre ! La liberté de vivre…

Une réflexion sur “Chrétiens d’Irak : chronique d’un risque majeur annoncé

  1. Bravo , Thierry, pour cette réflexion approfondie sur le drame des chrétiens d’IRAK : à cette occasion, j’ai pu découvrir l’index des persécutions, document dont j’ignorais l’existence.
    Nous devons réagir à ces atrocités, nous qui avons le privilège de vivre dans un pays de liberté .
    Non seulement, tu a écrit un excellent commentaire mais tu as aussi participé à la marche organisée par la communauté chrétienne irakienne de Vaulx en Velin le 11 Novembre à Lyon : il faut absolument montrer sa réprobation. Cela obligera la communauté internationale à réagir auprès des pays concernés pour que cesse le massacre des chrétiens.
    Et, comme tu le soulignes, il ne faut pas faire d’amalgame : tous les musulmans ne sont pas des fanatiques. A chacun de respecter la liberté de l’autre : c’est la condition essentielle pour que vivent les peuples.
    Christian Denoyel

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