Le parcours du combattant du PMR

Il est des expériences qui permettent de prendre du recul sur la vie quotidienne. Car la vie quotidienne ne réserve pas les mêmes surprises selon que l’on soit « normal » ou « PMR ». Derrière ce pudique acronyme se cache la réalité de centaines de milliers des nos concitoyens : Personnes à Mobilité Réduite. Je viens de commencer à vivre le parcours du combattant d’une PMR, et sans mentir, c’est héroïque !

D’abord, qui sont ces PMR ? On pense immédiatement aux para, tétra ou je ne sais quoi plégiques, aux accidentés de la route, … Ils en font tristement partie, c’est une certitude. Mais il en existe de nombreux autres, souvent moins « visibles » dont la vie quotidienne devient un calvaire. Les efforts réalisés par les pouvoirs publics et les entreprises (contrainte législative oblige…) sont significatifs et remarquables. La situation serait parfaite si l’on pouvait rajouter l’adjectif « suffisants ». Mais ce n’est pas encore le cas. Alors laissons aux acteurs institutionnels le temps de déployer partout les adaptations nécessaires.

Seulement, il y a tout de même des choses qui me mettent hors de moi. En arrivant à l’aéroport de Saint Exupéry ce matin via Rhônexpress, j’ai été confronté à une des nombreuses aberrations qui ne peuvent être interprétées par les PMR que comme une forme d’insulte. Les faits parlent d’eux même… Rhônexpress s’arrête à la gare de Saint Exupéry, les portes s’ouvrent et la galère commence… Entre le quai et le tram, il y a un espace de peut-être 20 centimètres ; qu’est-ce que 20 centimètres ? Une paume de main, une règle d’écolier… mais aussi un gouffre pour les petites roues d’un fauteuil roulant !

Passé ce premier obstacle, il faut partir en quête de l’ascenseur qui permettra de se rendre au niveau de l’aérogare. Très bien indiqués, il suffit de suivre les panneaux… enfin, de poursuivre les panneaux… On distingue une structure visiblement faite pour accueillir un ascenseur, en verre, rutilante. Arrivé à sa base, la structure est bien là, mais pas l’ascenseur ! Il faut donc parcourir les quais jusqu’à la prochaine structure censée accueillir un ascenseur (symétriquement à l’opposé de la première… soit à l’autre bout du quai…) en espérant que celle-ci soit fonctionnelle. Oui, l’ascenseur est bien dedans. Parfait. Petite remarque en aparté, on se sent bien seul sur le trajet, les gens valides ont utilisé les escaliers roulants à leur disposition à deux pas de Rhônexpress ; forme de discrimination ? Il faut en faire plus que les « normaux » lorsque l’on est PMR ? Tout à fait logique non.

Je reviens sur mon exemple de Saint Exupéry et j’aurai un malin plaisir à rencontrer celui qui a eu l’improbable idée de ne garnir d’un ascenseur que l’infrastructure la plus éloignée du tram… La teneur de ses explications me laisse par avance sans voix…

Bref… Pensons plus souvent à la totalité des gens qui forment la société dans laquelle nous vivons, ne voyons pas uniquement les personnages marketing qui sont censés nous faire rêver… Il s’agit de diversité. Pas la diversité ostentatoire que le peuple de gauche nous sert à toutes les sauces, mais la diversité dans son ensemble, au-delà des clivages qui font l’actualité.

3 réflexions sur “Le parcours du combattant du PMR

  1. Cher Thierry
    avant tout merci d’évoquer une problématique qui reste souvent en dehors des débats politiques.
    L’exemple de l’arrivée de lesly à St Ex est le parfait exemple de la non concertation avec les « usagers » concernés par le handicap ou plus encore de la non écoute des besoins spécifiques des PMR; il existe cependant des textes précis en la matière depuis 1975 sensiblement renforcés en 2005 (avec cette volonté que l’on connait de CHIRAC sur cette problématique); on peut donc conclure 2 choses à ton observation: la première est que les services de l’Etat qui doivent valider l’accessibilité d’un tel projet en amont et en aval n’ont pas (ou mal!) fait leur boulot; seconde conclusion il appartient aux décideurs et pour le coup le Conseil Général à veiller autant que faire ce peu au respect des règlementations (ce qui ne semble pas avoir été le cas); en conclusion, et mon engagement à Lyon pendant 15 ans dans le domaine le démontre, une volonté politique quelle qu’elle soit, de gauche comme de droite, peut permettre de résoudre un nombre certain d’obstacles en matière de déplacement des PMR (CQFD le tram en autre chose!)
    Bien entendu je reste à la disposition des « responsables » pour démontrer la validité de mes propos.
    Amitiés

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  2. Bonjour Serge,
    Votre propos me semble emplit de bon sens et je note votre proposition de travail sur le sujet !
    Bien à vous,
    Thierry Mouillac

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  3. Que la concession du Rhônexpress appartienne au département soit, mais si je me souviens bien l’arrivée sur St Ex elle appartient au Grand Lyon et si il y a un problème ce devrait être celui du Grand Lyon ?

    Oui?, non ?

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