Tous candidats ! Mais quid des propositions et des programmes ?

Au regard des élections présidentielles à venir, il semble que les différents prétendants soient tous désormais officiellement candidats… À moins que l’on nous en ait cachés d’autres, mais quoiqu’il arrive, ces derniers ne seront pas, et qu’ils me pardonnent, des candidats incontournables ! Bref, maintenant qu’ils sont tous là et bien là, ce serait vraiment bien qu’ils nous parlent d’autre chose que de leur détestation de l’autre et de sordides anecdotes qui contribuent à mettre toujours plus au niveau du sol la politique en France…

En guise de programme, de projets et de volontés politiques, on s’ennuie terriblement ! Et pourtant, les français adorent la politique, mais la vraie, celle du débat d’idées, de la confrontation de projets, de la volonté de travailler pour l’intérêt général. Et ils en parlent tous de l’intérêt général, mais pas dans le bon sens… Cet “intérêt général” est bien souvent mâtiné d’une ambition très personnelle camouflée par un dogmatisme souvent déconcertant !

Cette critique s’adresse à tous les candidats majeurs de l’élection présidentielle avec une mention spéciale pour François Hollande qui se surpasse dans cet exercice… En dehors de l’invective, des petites phrases et d’une démagogie visiblement parfaitement assumée, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent… La proposition qui consiste en la création de 150 000 « emplois d’avenir » est par exemple irresponsable au moment où les caisses de l’état sont vides, d’autant plus que cette mesure « keynésienne » est un leurre économique ; en effet, il s’agit d’une économie artificielle et non basée sur les seuls organisations en France qui créent de la richesse : les entreprises !

Nicolas Sarkozy, entré plus récemment en campagne, tout du moins de manière officielle, campe son discours sur ce qu’il définit comme des valeurs et dessine les contours d’un homme nouveau qui a appris au contact du pouvoir suprême… Les appels du pied tantôt vers le centre, tantôt vers une droite dure ne crédibilisent pas sa démarche et c’est bien dommage. J’en veux pour preuve les gages qui sont donnés tantôt vers les sympathisants de l’extrême droite (objectif de 80 000 places en prisons à l’horizon 2017…), tantôt vers les sympathisants centristes (mise en œuvre d’une dose de proportionnelle aux législatives, « à la marge »).

Marine Le Pen est, comme son prédécesseur de père, dans une posture de victimisation qui ne met en évidence que son incroyable incapacité à gouverner. La totalité de sa logique de démolition de l’ensemble des systèmes actuels réside dans sa position d’opposante perpétuelle. Enlevez-lui ce rôle et toute la construction des projets du FN disparaît aussitôt, envolée… L’hypothétique création d’un ministère des Souveraineté est archétype de l’incapacité à gouverner du FN.

Enfin, François Bayrou fait preuve d’une belle constance dans ses propos et c’est probablement celui qui aujourd’hui va le plus loin dans les constats et esquisse effectivement des bribes de propositions. Je crains cependant pour lui qu’il ne soit plus le 3ème homme, celui qui arbitre comme par le passé… probablement d’ailleurs du fait de sa gestion parfaitement incompréhensible de ceux qui lui avaient fait confiance lors des derniers scrutins. D’autre part, on peut reprocher l’étourdissant silence de François Bayrou et du MODEM sur leur vision et leurs projets au regard des services publics de manière générale…

Pour ce qui est des projets et des éventuelles propositions pouvant à terme ( mais il faudrait que tout ce petit monde se dépêche…) être constitutives d’un programme, j’ai trouvé un site simple à utiliser qui essaie tant bien que mal de compiler et comparer la production des différents candidats. Pour y accéder, il suffit de cliquer ICI !

 

Je crois pour ma part qu’il est urgent d’aborder de manière pragmatique et avec lucidité et courage la situation actuelle des finances publiques. Dans cette optique, il faut impérativement travailler dans le sens d’une réduction des dépenses et cesser de se leurrer en imaginant que l’augmentation ou le déplacement de la fiscalité palliera les nécessaires économies. Il est évident qu’une augmentation de la pression fiscale, même très élevée, ne pourra en aucun cas aboutir au rétablissement des finances publiques.

 

De nombreuses pistes sont à creuser en sachant que le timing est très court pour avoir la possibilité de choisir les sujets d’économie avant que la nécessité ne nous les impose :

  • les marchés publics : il est impérieux de modifier le code des marchés publics pour cesser l’immense gaspillage d’argent public dont ils sont le vecteurs. Le gisement d’économie d’argent des français et donc des moyens de la nation se chiffre en milliards d’euros. Cette réforme incontournable des marchés publics ne peut être aujourd’hui envisagée par aucun candidat à l’élection présidentielle tant les liens avec les soumissionnaires sont étroits ; cette situation implique le statuquo néfaste à l’intérêt général des français.
  • L’assurance maladie : des mécanismes de responsabilisation sur les trois acteurs majeurs que sont le patient, le monde médical et l’industrie pharmaceutique sont à mettre en œuvre de toute urgence pour que la solidarité nationale s’exerce correctement. Par exemple, il faut rationaliser les lits d’hôpitaux afin d’obtenir une meilleure gestion et un capacité de soin supérieure ; il faut que l’industrie pharmaceutique cesse de produire des médicaments remboursés sans se soucier du besoin réel des patients, il faut que les patients soient conscients des coûts réels du système de santé, …
  • L’école : il faut impliquer les professeurs dans des tâches administratives de la gestion des établissements et ainsi à terme réduire les coûts administratifs et augmenter les rémunérations des enseignants en assurant une meilleure qualité d’enseignement par des classes moins chargées.

D’autres propositions fortes autour d’un retour à une vraie et authentique démocratie résident par exemple à un passage à la proportionnelle à l’assemblée nationale. Non pas une proportionnelle « à la marge », mais une représentation réelle de la diversité de valeurs des français. Le système actuel est un déni de démocratie dans lequel celui qui possède la majorité des sièges s’empresse d’écraser toute forme d’opposition, et par là même l’ensemble des français qui soutiennent cette opposition, pour ne plus s’intéresser qu’à la majorité des votants. Or, en 2012, les représentants des français dans les assemblées ont le devoir de lire la politique et l’ensemble du travail législatif au travers de leurs « grille de valeurs ». Cette lecture implique nécessairement que de nombreux parlementaires, de partis et de sensibilités différentes, puissent se retrouver sur des projets auxquels ils adhèrent, peut-être même sur des lectures diamétralement opposées. Cela aurait d’ailleurs pour autre vertu, et pas des moindres, de faire disparaître les extrêmes qui se trouveraient très vite marginalisées par leur non participation au travail du législateur, du fait de leur incapacité chronique à se retrouver avec des parlementaires issus d’autres courants de pensée sur la base de projets communs.

Il existe d’autres pistes sur lesquelles nous sommes engagés dans une réflexion forte avec un seul objectif : doter la France, pays qui possède intrinsèquement toutes les qualités et tous les atouts pour revenir en quelques années à une place prépondérante dans le concert des nations, tant sur le plan économique que politique et culturel des moyens nécessaire à son épanouissement futur. Des pistes de réflexion sur le modèle social de la France, des pistes de réflexion sur l’organisation des services publics, sur l’emploi, sur la justice, sur l’immigration, sur l’environnement, …

 

Pour revenir aux programmes des candidats, j’éprouve le besoin d’en savoir plus et de trouver enfin une cohérence dans les projets de chacune des formations, au-delà des propositions que l’on sait par nature irréalistes et des programmes paillettes et poudre aux yeux… Alors, et seulement si on arrive à y voir plus clair, je ferai mon choix au filtre de mes valeurs, de mes convictions et de ma volonté farouche de ne pas me faire prendre pour un imbécile… À bon entendeur…

 

11 réflexions sur “Tous candidats ! Mais quid des propositions et des programmes ?

  1. Il est vrai que si Bayrou ne s’était pas rangé derrière les socialistes en 2007 il aurait pu installer le modem comme une vraie alternative politique au centre. Concernant les autres, on voit déjà les prémices de la campagne des legislatives et de 2014 pointer à l’horizon et il est grand temps de passer à l’action et donner aux lyonnais de vraies perspectives d’avenir.

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  2. Bien dommage pour Bayroud !!! et je constate la nébuleuse dans laquelle nous plongent les autres candidats Je crains que les semaines à venir n’apportent pas grand chose de plus pour éclairer notre lanterne

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  3. @Daniel : les choix étranges de Bayrou en 2007 sont effectivement lourds de conséquences dans sa campagne de 2012.

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  4. J’aime assez les commentaires actuels qui constatent que confrontés à une classe politique et soit disant des français partagés en deux , on ne nous laisse plus aucun choix en zappant le premier tour des élections , nous obligeant ainsi à voter soit à gauche soit à droite , sans aucune autre possibilité, même celle de s’exprimer sur d’autres manière de diriger la France en rassemblant toutes les énergies des uns et des autres sans considérations d’ordre personnel ou partisan . On peut rêver !

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  5. @Moon net : il faut au contrai profiter. La spécificité d’un scrutin à deux tours pour exprimer pleinement votre voix en fonction de vos valeurs ! Si l’on se contente en effet de subir le matraquage médiatique, alors il y a peu d’espoir…

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  6. peut-on le faire cette année sans crainte de voter pour un candidat dit petit surtout au Présidentielle? Je m’interroge !
    De toute façon Bayrou avec ses hésitations ne donne pas pas trop envie de voter pour lui.
    Hollande avec son alliage allant de l’extrème gauche au centre (droit mais pas droit (mouuuu) ainsi que celui de gauche) en passant par des Verts pas encore vert non plus.

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  7. @Lyonnais : le raisonnement se tient du point de vue du « calcul électoral » (sans aucune mauvaise interprétation), mais l’essence même de la démocratie à laquelle je crois est de permettre à chacun d’exprimer ses valeurs dans le candidat le plus en adéquation avec ces dernières… Et c’est bien là que le bât blesse ! Il faudrait en effet pour cela que les projets soient clairs et crédibles !

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