Défendons nos libertés par une rispote ferme

Post paru le 16 novembre sur le site du Parti libéral Démocrate

La France est frappée très durement une fois de plus par le terrorisme islamiste. Nos premières pensées vont aux victimes, à leur famille et à leurs proches. Nous appelons à l’unité nationale face à l’horreur. Montrons au monde qu’aucun acte de terrorisme n’ébranlera les valeurs de liberté et d’égalité qui ont façonné la France. Montrons aux adversaires de la démocratie et de la liberté que nous continuerons à vivre en démocrates et en citoyens libres.

Soyons également impitoyables dans notre riposte, non seulement vis-à-vis des groupuscules radicalisés proches du passage à l’acte, mais aussi vis-à-vis de l’Etat islamique. Daesh est non seulement une menace pour la région où un génocide ethnique et religieux est en cours mais aussi pour la France. Posons collectivement la question d’une action militaire d’envergure contre cette gangrène qui n’épargne plus notre territoire et cible des civils indistinctement.

Le Parti Libéral Démocrate préconise depuis longtemps de redéfinir les priorités d’un Etat ayant abandonné ses fonctions régaliennes au profit de l’assistanat ou du clientélisme. Il est anormal que la police et la justice (dont le budget a trop longtemps été inférieur à celui de la culture) manquent de moyens pour traquer et neutraliser les terroristes. Il est aussi anormal qu’un des djihadistes du Bataclan ait été condamné à 8 reprises sans réelle sanction. Un laxisme judiciaire illustré par les efficaces perquisitions de ce lundi qui auraient dû être effectuées bien plus tôt.

Enfin, restons vigilants face à toute tentative du pouvoir de se saisir de ces attentats pour promouvoir de nouvelles actions législatives liberticides, après la terrible loi renseignement qui vient de prouver son incapacité à nous prémunir de tels attentats, au prix d’un lourd recul de nos libertés. Pour nous, la priorité doit être mise sur la ré allocation des forces de police et l’augmentation significative des ressources de la justice.

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Quelle réaction face à cette situation en France ?

Les heures épouvantables que nous vivons nous renvoient nécessairement, tant individuellement que collectivement à la question de notre réaction à ce qui se passe. Après avoir été abasourdis, atterrés, incrédules puis dévastés, comment réagir ?

Ne cédons pas à la terreur, continuons à vivre comme nous le souhaitons, en responsabilité et en assumant notre mode de vie. Notre liberté n’a pas de prix ! Notre mode de vie inclut la compassion pour les victimes et leurs proches, notre mode de vie doit inclure une sévérité absolue envers ceux qui souhaitent le changer ! Voilà en quelques mots ce que je pense être la bonne réaction.  C’est en tout cas comme cela que je veux me comporter, que je veux « faire face » à cette situation.

Alors pour ne pas me contenter de mots, je me suis appliqué à vivre un samedi après-midi normal aujourd’hui. Je suis allé à pied avec mon fils en centre ville pour acheter un livre, nous avons pris notre temps pour nous promener et profiter du beau temps. L’appréhension était présente, une forme diffuse d’angoisse et d’extrême vigilance. Je pensais sincèrement que nous serions presque seuls dans les rues, qu’elles seraient désertes, et bien non ! Les rues étaient bondées et je m’en félicite ! Les lyonnais ont eu de mon point de vue la meilleure réaction possible à la situation : continuer à vivre leur vie !

En effet, si nous modifions nos comportements, si nous vivons dans la peur, si nous devenons paranoïaques, si nous sommes terrorisés, alors ils auront gagné. Laissons aux forces de sécurité les actions de renseignement, de recherche, d’investigation et d’action qui rentrent dans leur cadre de compétences. Je crois profondément à la qualité de leur travail, à leur implication dans leur mission, à leur professionnalisme et leurs convictions de travailler pour notre sécurité. Et ceux que j’entends dire que tel ou tel terroriste était fiché ou connu des services et que c’est une honte que l’on ne les aient pas arrêtés, à ceux là j’ai envie de leur dire tout le mépris que j’ai pour eux, pour leur bien cynique et misérable petit intérêt personnel… Le seul respect qu’ils ont est pour leur ego démesuré, leur petite ambition personnelle, tout à l’inverse de ceux qui assurent notre bien être, ceux qui prennent des risques insensés pour garantir notre mode de vie. La récupération politique en la circonstance est parfaitement abjecte et je la vomis !

Pour ma part, je veux vivre normalement, je ne veux pas que cette pression ait de conséquences sur ma vie quotidienne. J’assume le risque de me retrouver dans un lieu, dans une manifestation potentiellement à risque, tant pis ! Si je ne le faisais pas, les terroristes sans s’être approchés de moi m’auraient déjà mis à genoux, et ça, ça n’arrivera pas !

Je veux témoigner ici de ma compassion et de ma sollicitude pour les victimes, je partage la douleur des familles et ne sais que faire pour les soulager… espoir vain… mais espoir tout de même…

Loi sur le renseignement, loi liberticide !

 

Big Brother FrançaisC’est finalement dans une quasi indifférence que le gouvernement s’apprête à faire passer une loi fondamentalement liberticide qui n’aura aucun impact sur la sécurité nationale. Ce crime de lèse liberté aura lieu le 5 mai, à l’Assemblée Nationale, lieu dans lequel les députés défendent les intérêts des citoyens… si, si, je vous assure… Indifférence totale ou presque, nous étions un peu plus de 200 sur la place des Terreaux devant l’Hôtel de Ville de Lyon samedi 2 mai.

Le Parti Libéral Démocrate défend et défendra toujours avec la dernière énergie les libertés fondamentales. Liberté, mot que ne prend son sens qu’avec la notion de responsabilité. Celui ou celle qui se dit libre est avant tout responsable. Et il est de notre responsabilité de Politique que de dénoncer cet état de fait.

Sous le coup de l’émotion, le gouvernement nous démontre avec un cruel pragmatisme que gouverner, c’est obéir au diktat de la sensibilité, c’est donner le flan à l’immédiateté de le real politique, c’est être esclave des sondages quand on attend des dirigeants de la France qu’ils donnent un cap, qu’ils impriment une vision supérieure pour notre Pays.

Il est fascinant de constater à quel point les responsables (rien que le mot m’amuse…) de notre destinée sont plus préoccupés par leur futur proche que par l’avenir de la France. Notre pays est piloté à la petite semaine sans ambition autre que d’assurer une réélection en cédant à toutes les avanies.

Cette proposition de loi est d’autant plus irrationnelle que c’est une manière de faire comprendre aux services de renseignements et à l’ensemble de la chaîne judiciaire qu’ils font mal le job ! Et pourtant, il est temps de leur rendre hommage à ces milliers d’hommes et de femmes qui eux, pour de vrai, veillent quotidiennement, jour et nuit, sur notre sécurité.

Chaque attentat, chaque acte barbare est insoutenable et brise à jamais des familles et laisse des traces indélébiles. Mais combien de ces actes ne verront jamais le jour grâce au travail incessant des services de renseignement, de la justice anti-terroriste, des forces de police et de gendarmerie ? Ces actes déjoués sont infiniment plus nombreux que ceux qui aboutissent. Et à ce sujet, un principe de réalité s’impose : il est impossible de tout déjouer. Faire croire aux français que les placer sous surveillance d’algorithmes scientifiquement parfaits les mettra à l’abri de tout est une insulte à leur intelligence, à notre intelligence à toutes et tous… C’est absolument honteux…

Si on pousse le raisonnement à son extrême, cette mise en oeuvre de renseignement systématisé va pousser les personnes malveillantes à déployer des trésors d’ingéniosité afin de passer entre les mailles du filet. Les moyens utilisés seront de plus en plus sophistiqués et échapperont définitivement au dispositif qui finira par vous surveiller, vous et moi, la belle affaire !

Stop à cette surenchère inéluctable qui sous prétexte de protection érode sans limites nos libertés fondamentales, grignote nos initiatives, noyaute nos ambitions !

La première victime des municipales, c’est la démocratie

Communiqué de Presse du Parti Libéral Démocrate du Rhône suite au premier tour des élections municipales.

20140323 - CP 1er tour municipales

 

 

Communiqué de Presse

Le niveau d’abstention aux municipales de 2014 est historiquement élevé. La première victime de cette abstention record est la démocratie. Dans le cas de Lyon, le futur maire, quel que soit son nom sera élu avec 30% des voix des électeurs inscrits.

Cette abstention met en évidence le profond divorce entre les lyonnais et les politiques censés les représenter. La percée du Front National dans les arrondissements lyonnais (possibilité de se maintenir dans 7 arrondissements sur 9) et dans le Grand Lyon stigmatise ce rejet profond et qui ne trouvera une issue que dans un vrai renouvellement du personnel politique.

Cette situation valide pleinement le positionnement du Parti Libéral Démocrate qui propose une vision réaliste de la politique, ancrée dans la « vraie vie » et dont les préoccupations sont le redressement réel des forces qui font gagner la France. Nous voulons une refondation institutionnelle qui mette le citoyen à la fois à la base, et au coeur de notre système politique.

Thierry Mouillac – Parti Libéral Démocrate – Président de la Fédération du Rhône

De la liberté d’expression

Liberté d'expression

D’emblée, je suis convaincu que l’on peut tout se permettre au nom de la liberté d’expression dans notre société.

Cependant, il faut bien considérer la signification de l’ensemble de cette phrase, des mots utilisés et surtout de leur mise en œuvre dans un contexte donné, à savoir la société française en 2014.

Expression

L’expression consiste à formuler, à proposer à la compréhension, à délivrer un message à autrui. A ce stade de la réflexion, il me parait fondamental de rappeler que ce qui a distingué dans l’histoire de l’évolution l’humain du règne animal réside bel et bien dans la capacité qu’il a eu, à un moment, de verbaliser. Le verbe est en effet la traduction de la prise de conscience de soi et de son environnement. C’est ce procédé incroyable qui a fait qu’à un moment de son histoire, l’humain a su, probablement contraint par sa nécessité de survie, prendre du recul vis-à-vis de son contexte et lui donner une réalité intellectuelle, conceptuelle. Dès lors, et pour parfaire son évolution, cette prise de conscience a nécessité le besoin de nommer. Octavio Paz résume d’ailleurs avec brillance cette réalité conceptuelle de la manière suivante : « nommer c’est créer, et imaginer, c’est naître ». Par essence, l’expression est ce qui a permis la naissance de l’humain tel que nous le connaissons aujourd’hui (les premières formes de mots apparaissent il y a 2 millions d’années et il faut attendre homo erectus il y a plus ou moins 500 000 ans avant de pouvoir évoquer un langage structuré, ce qui coïncide avec la maîtrise du feu). L’expression est donc, de mon point de vue, et bien au-delà d’une liberté, une composante même de ce qui nous spécifie comme humain. Dans cette optique, il semble que sa liberté soit implicite. N’est-ce pas grâce à l’expression que nous évoquons cela ?

Liberté

Autre mot fondateur de la question qui nous intéresse, la liberté. Je crois sincèrement que la liberté se construit quasi intégralement sur des devoirs et non des droits. L’un n’allant cependant pas sans l’autre. Croire qu’être libre c’est faire ce que l’on veut participe d’un véritable esclavage de soi par soi, autant dire que dans cette relation étrange, le maître et l’esclave ne font qu’un pour la bonne et simple raison que le maître a simplement démissionné. Faire ce que l’on veut revient finalement à refuser tout contrôle de ses envies et donc à ne plus être dans le jugement cher aux stoïciens, qui me sont chers… Etre en capacité de juger et donc de s’autoriser ou non selon que l’analyse de la situation nous permet de choisir ressemble beaucoup plus à la liberté. La liberté est donc affaire de choix : je le fais ou je ne le fais pas ! La liberté qui consisterai à faire tout ce qui nous passe par la tête est de fait le refus du choix, et refuser de choisir, de décider, c’est refuser la responsabilité. La liberté dans ce que je la considère comme honorant l’humain est celle qui consiste à être responsable, donc à assumer, ou tout au moins envisager, les conséquences de ses choix.

Il en va de même pour notre fameuse liberté d’expression.

Dans ce qu’elle implique comme étant la possibilité d’exprimer en assumant les conséquences de son expression, elle est d’emblée inaliénable. Cette inaliénabilité lui confère sa prééminence sur le préjugé et l’a priori et c’est en ce sens qu’elle est vertueuse.

Du devoir d’écoute afin de préserver la liberté de dire.

La liberté d’expression ne prend de sens que dans les conditions définies par une écoute. En effet, l’écoute est incontournable et pour deux raisons distinctes. Elle garantit la pertinence de sa propre liberté d’expression et elle est garante de la compréhension du message exprimé.

  • Elle garantit la pertinence de sa propre liberté d’expression ; en effet, sans écoute, il est simplement impensable de pouvoir intervenir suite à une première expression afin de participer à l’échange. De fait, la participation est pertinente et engage elle-même notre propre responsabilité (puisque librement engagée). La pertinence de notre propos en réponse à un message est une marque forte de respect de son interlocuteur et donc de la considération que l’on porte à son expression, quelle qu’elle soit. Ainsi, il me semble plus clair et performant de s’opposer ou de marquer sa réprobation après avoir entendu (au sens étymologique du verbe : tendre vers, puis au moyen âge : comprendre) son interlocuteur.
  • Elle est seule garante de la possibilité d’apprécier à sa juste valeur le message exprimé et donc d’en tirer toutes les conséquences qui, dans notre société se résument à deux catégories majeures : les propos sont dans un cadre légal, les propos sortent du cadre légal. Dans tous les cas, il parait inapproprié d’interdire a priori une expression sous prétexte que cette expression portera des messages répréhensibles. Le fait d’interdire l’expression a priori porte un nom qui ne peut, selon moi, être encore d’actualité dans la France d’aujourd’hui : la censure.

Ce lien entre liberté d’expression et devoir d’écoute est primordial pour éviter de tomber dans les travers de toutes les formes de fanatisme.

Le cas de Dieudonné et notre République

Prenons le cas bien concret de l’humoriste Dieudonné qui a défrayé la chronique récemment et posons nous la question suivante : qui entre celui dont on prétend qu’il va exprimer des messages illicites et celui qui est en charge du maintien desdits propos dans le cadre de la loi a raison ?

Pour moi, celui qui va peut-être, ou même certainement, exprimer une opinion dont le message est puni par loi se rend coupable au moment même… où il l’exprime ! Il n’est en aucun cas coupable de propos qu’il n’a pas tenu mais que l’on pense avec certitude qu’il tiendra. Si le législateur, ou plutôt en l’occurrence « l’exécuteur » (pour bien marquer la différence entre le pouvoir législatif et exécutif) préjuge et interdit ou censure de manière pro active, il bafoue le principe fondamental de liberté d’expression et de plus il enfreint probablement la loi, ou à défaut l’esprit de la loi, en jugeant a priori. Et en jugeant a priori, il sort du cadre de ses prérogatives qui ne sont en aucun cas de juger (pouvoir judiciaire), mais bien d’appliquer la loi. Pour rappel, ceux qui appliquent leur propre loi (car c’est bien ce dont il s’agit en la matière) s’affranchissent au nom du peuple (du fait de leur nomination par un chef de gouvernement lui-même nommé par un président élu) de la première des garanties que le peuple est en droit d’attendre de la République : son égalité en droit.

De manière un peu brutale et pourtant incroyablement réelle, l’action menée par le ministre de l’intérieur dans l’affaire Dieudonné par le truchement des préfets et de l’invocation d’un potentiel trouble à l’ordre publique, n’est autre que le reniement par celui-ci de ce qui lui confère sa légitimité.

En poussant plus avant dans ce raisonnement, c’est une entorse grave au principe de séparation des pouvoirs qui fonde l’équité de la République : le législatif, l’exécutif et le judiciaire.

Au-delà de tout ce que l’on peut penser de ce que les propos de Dieudonné contiennent comme message nauséabond et inacceptable, personne, ni même un gouvernement ne peut les condamner a priori. Il faut qu’ils soient effectivement prononcés pour pouvoir donner lieu à une action judiciaire. En la matière, j’affirme que la liberté d’expression n’a pas été garantie et de plus, elle a subit un grave préjudice du fait de l’emballement que la situation a provoqué.

Mais à qui doit-on cet emballement ?

Je vois personnellement deux responsabilités flagrantes : celle des média et celle du « court-termisme » et du besoin frénétique de communication de ceux qui nous gouvernent.

Pour conclure, je pense qu’il n’est pas possible de faire une limitation du droit de la liberté d’expression, mais que tout nous invite à être particulièrement vigilant sur ce que l’on peut en faire. D’autre part, il faut que le droit, donc le législateur, soit en mesure de punir sévèrement l’inacceptable (à partir du moment où nous sommes suffisamment sages et apaisés pour le distinguer de ce qui est acceptable) ; et que l’on poursuive effectivement et de manière efficace ceux qui utilisent ce précieux trésor à des fins qui vont à l’encontre de l’humanisme et du respect de l’autre, valeurs cardinales de notre République.

 

Le parcours du combattant du PMR

Il est des expériences qui permettent de prendre du recul sur la vie quotidienne. Car la vie quotidienne ne réserve pas les mêmes surprises selon que l’on soit « normal » ou « PMR ». Derrière ce pudique acronyme se cache la réalité de centaines de milliers des nos concitoyens : Personnes à Mobilité Réduite. Je viens de commencer à vivre le parcours du combattant d’une PMR, et sans mentir, c’est héroïque ! Lire la suite

Laïcité et Religions en France : rencontre avec Michel YOUNES

Michel YOUNES est maître de conférences à l’Université Catholique de Lyon, Enseignant-Chercheur à la Faculté de théologie, Responsable du Centre d’Études des Cultures et des Religions (je vous invite à prendre connaissance de l’ensemble de ses travaux en cliquant ici). Il m’a fait l’amitié de répondre favorablement à mon invitation pour échanger librement autour du thème « religions et laïcité ». Je l’en remercie à nouveau vivement et vous propose de prendre connaissance des notes que j’ai pris à cette occasion. Il va de soi qu’elles sont validées par Michel YOUNES. Lire la suite