Régionales : ce qui a vraiment changé !

Les élections régionales qui ont vu leur dénouement dimanche soir auront eu le mérite, et pas des moindres, de susciter l’intérêt de français. Pensez, un bon de participation entre les deux tours quasi inédit ! Je suis d’ailleurs convaincu que cette participation des électeurs est assurément ma plus grande satisfaction.

Pour le reste, et si on prend un peu de recul, rien de bien neuf… Le FN continue son insolente progression dans les intentions de vote des français et, objectivement, est très largement devenu le premier parti de France. Il est en effet le seul à pouvoir se targuer de rassembler sur son seul nom et sans aucune alliance plus de 6 millions d’électeurs au soir du second tour… Il y a surement des raisons et des responsabilités à cela non ?

Quid des partis traditionnels que sont le PS et l’UMP… pardon, LR ? Et bien pas de grande nouveauté non plus de ce point de vue. Ils se sont finalement partagé la France de manière proche de l’équité et nous renvoient à une France qui leur convient, une France sous le jouc du stérile bipartisme subit depuis plus de 40 ans.

Enfin, et c’est ce qui m’inquiète le plus, tous ceux qui sont élus depuis dimanche nous avaient promis le renouvellement, l’action désintéressée, l’exigence de probité et plus encore… Je repense instantanément à toutes les promesses de ces dernières semaines qui ont été mises eu programme des régions, comme la sécurité qui est pour moi l’archétype de la supercherie. Il faudrait en effet que la sécurité soit une compétence des régions pour promettre quelque chose à son sujet… Ne parlons pas de la volonté intangible et « sur laquelle je m’engage personnellement » d’exemplarité politique…

Et donc, ce qui m’inquiète le plus dans ces régionales, c’est que finalement, rien n’a vraiment changé. Le renouvellement attendra le prochain tour ; il serait amusant de compter le nombre de cumulards par exemple dans ceux qui sont élus, ceux qui étaient au haut de la liste. Car une constante du renouvellement des listes, c’est de faire en sorte que la « nouveauté » reste aux portes de l’hémicycle…

Ce qui m’inquiète donc dans ces régionales, c’est que ce sont les mêmes, avec un nouveau nom, avec un nouveau sourire, mais avec le même logiciel politique. Nous, les citoyens, n’avons pas su nous prendre en main. J’en suis l’un des premiers responsables ! Nous n’arrivons pas à faire en sorte que les électeurs ne se prennent véritablement en main et qu’ils fassent le choix de vivre la vie qu’il souhaite.

Et pourtant, ils râlent les électeurs ! « tous les mêmes, tous pourris » disent-ils ; « il faut les virer » vitupèrent-t-ils ; « marre de se faire prendre pour des imbéciles » grognent-ils… Et pourtant, ils votent pour ceux-là même qui ne conviennent pas…

Essayons donc de tous travailler ensemble à un projet viable, dans lequel peuvent se retrouver les éléments économiques permettant la prospérité, dans lequel la vision de la société est tournée vers l’avenir et la possibilité pour chacun de choisir sa vie, dans lequel l’état ne s’occupe pas de votre vie mais s’ingénie à vous la rendre possible et sure !

Je crois sincèrement que cela est possible, et alors, à ce moment-là, quelque chose aura vraiment changé !

De la liberté d’expression

Liberté d'expression

D’emblée, je suis convaincu que l’on peut tout se permettre au nom de la liberté d’expression dans notre société.

Cependant, il faut bien considérer la signification de l’ensemble de cette phrase, des mots utilisés et surtout de leur mise en œuvre dans un contexte donné, à savoir la société française en 2014.

Expression

L’expression consiste à formuler, à proposer à la compréhension, à délivrer un message à autrui. A ce stade de la réflexion, il me parait fondamental de rappeler que ce qui a distingué dans l’histoire de l’évolution l’humain du règne animal réside bel et bien dans la capacité qu’il a eu, à un moment, de verbaliser. Le verbe est en effet la traduction de la prise de conscience de soi et de son environnement. C’est ce procédé incroyable qui a fait qu’à un moment de son histoire, l’humain a su, probablement contraint par sa nécessité de survie, prendre du recul vis-à-vis de son contexte et lui donner une réalité intellectuelle, conceptuelle. Dès lors, et pour parfaire son évolution, cette prise de conscience a nécessité le besoin de nommer. Octavio Paz résume d’ailleurs avec brillance cette réalité conceptuelle de la manière suivante : « nommer c’est créer, et imaginer, c’est naître ». Par essence, l’expression est ce qui a permis la naissance de l’humain tel que nous le connaissons aujourd’hui (les premières formes de mots apparaissent il y a 2 millions d’années et il faut attendre homo erectus il y a plus ou moins 500 000 ans avant de pouvoir évoquer un langage structuré, ce qui coïncide avec la maîtrise du feu). L’expression est donc, de mon point de vue, et bien au-delà d’une liberté, une composante même de ce qui nous spécifie comme humain. Dans cette optique, il semble que sa liberté soit implicite. N’est-ce pas grâce à l’expression que nous évoquons cela ?

Liberté

Autre mot fondateur de la question qui nous intéresse, la liberté. Je crois sincèrement que la liberté se construit quasi intégralement sur des devoirs et non des droits. L’un n’allant cependant pas sans l’autre. Croire qu’être libre c’est faire ce que l’on veut participe d’un véritable esclavage de soi par soi, autant dire que dans cette relation étrange, le maître et l’esclave ne font qu’un pour la bonne et simple raison que le maître a simplement démissionné. Faire ce que l’on veut revient finalement à refuser tout contrôle de ses envies et donc à ne plus être dans le jugement cher aux stoïciens, qui me sont chers… Etre en capacité de juger et donc de s’autoriser ou non selon que l’analyse de la situation nous permet de choisir ressemble beaucoup plus à la liberté. La liberté est donc affaire de choix : je le fais ou je ne le fais pas ! La liberté qui consisterai à faire tout ce qui nous passe par la tête est de fait le refus du choix, et refuser de choisir, de décider, c’est refuser la responsabilité. La liberté dans ce que je la considère comme honorant l’humain est celle qui consiste à être responsable, donc à assumer, ou tout au moins envisager, les conséquences de ses choix.

Il en va de même pour notre fameuse liberté d’expression.

Dans ce qu’elle implique comme étant la possibilité d’exprimer en assumant les conséquences de son expression, elle est d’emblée inaliénable. Cette inaliénabilité lui confère sa prééminence sur le préjugé et l’a priori et c’est en ce sens qu’elle est vertueuse.

Du devoir d’écoute afin de préserver la liberté de dire.

La liberté d’expression ne prend de sens que dans les conditions définies par une écoute. En effet, l’écoute est incontournable et pour deux raisons distinctes. Elle garantit la pertinence de sa propre liberté d’expression et elle est garante de la compréhension du message exprimé.

  • Elle garantit la pertinence de sa propre liberté d’expression ; en effet, sans écoute, il est simplement impensable de pouvoir intervenir suite à une première expression afin de participer à l’échange. De fait, la participation est pertinente et engage elle-même notre propre responsabilité (puisque librement engagée). La pertinence de notre propos en réponse à un message est une marque forte de respect de son interlocuteur et donc de la considération que l’on porte à son expression, quelle qu’elle soit. Ainsi, il me semble plus clair et performant de s’opposer ou de marquer sa réprobation après avoir entendu (au sens étymologique du verbe : tendre vers, puis au moyen âge : comprendre) son interlocuteur.
  • Elle est seule garante de la possibilité d’apprécier à sa juste valeur le message exprimé et donc d’en tirer toutes les conséquences qui, dans notre société se résument à deux catégories majeures : les propos sont dans un cadre légal, les propos sortent du cadre légal. Dans tous les cas, il parait inapproprié d’interdire a priori une expression sous prétexte que cette expression portera des messages répréhensibles. Le fait d’interdire l’expression a priori porte un nom qui ne peut, selon moi, être encore d’actualité dans la France d’aujourd’hui : la censure.

Ce lien entre liberté d’expression et devoir d’écoute est primordial pour éviter de tomber dans les travers de toutes les formes de fanatisme.

Le cas de Dieudonné et notre République

Prenons le cas bien concret de l’humoriste Dieudonné qui a défrayé la chronique récemment et posons nous la question suivante : qui entre celui dont on prétend qu’il va exprimer des messages illicites et celui qui est en charge du maintien desdits propos dans le cadre de la loi a raison ?

Pour moi, celui qui va peut-être, ou même certainement, exprimer une opinion dont le message est puni par loi se rend coupable au moment même… où il l’exprime ! Il n’est en aucun cas coupable de propos qu’il n’a pas tenu mais que l’on pense avec certitude qu’il tiendra. Si le législateur, ou plutôt en l’occurrence « l’exécuteur » (pour bien marquer la différence entre le pouvoir législatif et exécutif) préjuge et interdit ou censure de manière pro active, il bafoue le principe fondamental de liberté d’expression et de plus il enfreint probablement la loi, ou à défaut l’esprit de la loi, en jugeant a priori. Et en jugeant a priori, il sort du cadre de ses prérogatives qui ne sont en aucun cas de juger (pouvoir judiciaire), mais bien d’appliquer la loi. Pour rappel, ceux qui appliquent leur propre loi (car c’est bien ce dont il s’agit en la matière) s’affranchissent au nom du peuple (du fait de leur nomination par un chef de gouvernement lui-même nommé par un président élu) de la première des garanties que le peuple est en droit d’attendre de la République : son égalité en droit.

De manière un peu brutale et pourtant incroyablement réelle, l’action menée par le ministre de l’intérieur dans l’affaire Dieudonné par le truchement des préfets et de l’invocation d’un potentiel trouble à l’ordre publique, n’est autre que le reniement par celui-ci de ce qui lui confère sa légitimité.

En poussant plus avant dans ce raisonnement, c’est une entorse grave au principe de séparation des pouvoirs qui fonde l’équité de la République : le législatif, l’exécutif et le judiciaire.

Au-delà de tout ce que l’on peut penser de ce que les propos de Dieudonné contiennent comme message nauséabond et inacceptable, personne, ni même un gouvernement ne peut les condamner a priori. Il faut qu’ils soient effectivement prononcés pour pouvoir donner lieu à une action judiciaire. En la matière, j’affirme que la liberté d’expression n’a pas été garantie et de plus, elle a subit un grave préjudice du fait de l’emballement que la situation a provoqué.

Mais à qui doit-on cet emballement ?

Je vois personnellement deux responsabilités flagrantes : celle des média et celle du « court-termisme » et du besoin frénétique de communication de ceux qui nous gouvernent.

Pour conclure, je pense qu’il n’est pas possible de faire une limitation du droit de la liberté d’expression, mais que tout nous invite à être particulièrement vigilant sur ce que l’on peut en faire. D’autre part, il faut que le droit, donc le législateur, soit en mesure de punir sévèrement l’inacceptable (à partir du moment où nous sommes suffisamment sages et apaisés pour le distinguer de ce qui est acceptable) ; et que l’on poursuive effectivement et de manière efficace ceux qui utilisent ce précieux trésor à des fins qui vont à l’encontre de l’humanisme et du respect de l’autre, valeurs cardinales de notre République.

 

Le fiasco du titre du PSG illustre le fiasco de la France

2799919_psg-debordements-yann-foreix_640x280C’est en revenant d’une réunion militante organisée dans le premier arrondissement de Lyon que j’apprends ce qui c’est passé à Paris aujourd’hui. Le PSG a finalisé son titre de champion de France hier soir à Lyon au stade de Gerland et je les félicite en tant qu’amateur de football. Mais je ne félicite ni l’organisation par le club, ni la préparation des pouvoirs publics qui ont laissé filer une célébration sur l’esplanade du Trocadéro qui devait être une fête ; c’est finalement un terrible fiasco qui met en évidence les difficultés vécues par les français et l’incapacité des pouvoirs publics à assurer la sécurité. Lire la suite

Cumulards de tous bords, vous pouvez cumuler tranquillement !

Le Conseil des Ministres daté du 3 avril 2013 commence par un projet de loi intitulé « Interdiction du cumul de fonctions exécutives locales avec le mandat de député, de sénateur ou de représentant au Parlement européen ». Dont acte. La démarche est bonne, même si je crois sincèrement que la vraie difficulté réside dans le cumul dans le temps. Je suis favorable à empêcher tout élu de faire plus de deux mandats successifs dans la même fonction. Lire la suite

Primaire UMP à Lyon : une liste indépendante à droite est indispensable

La direction parisienne de l’UMP a décidé qu’une primaire serait organisée à Lyon pour départager les 5 candidats à la candidatures lyonnais. Pour rappel, il s’agit de Nora Berra, Myriam Pleynard, Georges Fenech, Emmanuel Hamelin et Michel Havard. Cette décision est la conséquence d’un sondage commandé par l’UMP pour savoir si une candidature naturelle était possible… visiblement non. Je ne ferai aucun commentaire au sujet de tel(le) ou tel(le) candidat(e) et des résultats le ou la concernant ; en revanche, ce sondage nous confirme, s’il en était besoin, qu’une liste indépendante à droite est non seulement nécessaire, mais indispensable.

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L’argent public n’existe pas, il n’y a que l’argent des contribuables !

Jean-Jacques David, Lyon Divers DroiteLa position de Jean-Jacques DAVID (conseiller général du Rhône et maire du 6e art. de Lyon) est à prendre en exemple. En premier lieu car elle confirme des promesses de campagnes, d’autre part car elles font preuve d’un vrai courage politique en mettant en avant le bien commun. Jean-Jacques DAVID n’a pas voté l’augmentation de la fiscalité du budget du Conseil Général du Rhône proposé par sa présidente Danielle CHUZEVILLE.

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Jouer pour l’équipe de France implique plus de devoirs que cela n’octroie de droits

Logo_Fédération_Française_de_Football.svgKarim Benzema, avant centre, est depuis le mois de juin 2012 absolument muet sur les terrains qu’il foule avec le maillot de l’équipe de France. Muet car il ne marque plus le moindre but, et muet car il ne souhaite pas chanter la Marseillaise. Il est grand temps qu’il s’aperçoive que jouer pour l’équipe de France implique plus de devoirs que cela n’octroie de droits.

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